Quatre défis majeurs pour les avocats

Le Monde du Droit a publié un article consacré au rapport de l’Institut des Hautes Etudes pour la Justice (IHEJ) qui identifie quatre défis majeurs pour la profession d’avocat.

  • Crédibilité

« les avocats français tendent à jouer avec les limites de la vérité et entretiennent avec elle un rapport malicieux. Cela ne pousse pas les magistrats à prêter une grande attention à leurs affirmations, elles-mêmes perçues comme ne prêtant pas une assez grande attention à la vérité. »

« D’une manière générale l’avocat s’est trop préoccupé de protéger ses prérogatives au détriment de l’ouverture de sa profession. Il s’est méfié du travail social et de la médiation, il a tardé à investir la matière constitutionnelle, pénitentiaire, etc. ». 

  • Révolution numérique

« Plateformes et legaltech ont fait leur entrée sur le marché du droit bouleversant ainsi le quasi-monopole de la profession d’avocat sur l’application du droit, le conseil et de la défense. L’arrivée de ces nouveaux concurrents, efficaces, agiles et innovants, qui prétendent s’emparer d’un marché sans être véritablement juristes, bouscule une vielle profession jalouse de ses prérogatives. »

« Les avocats doivent donc se l’approprier pour construire une nouvelle offre, plus diversifiée et plus professionnelle. Il leur faut donc revoir de fond en comble leur stratégie de développement, la relation avec le client, leur organisation interne et leur modèle économique ».

  • Modèle économique

« Le modèle le plus répandu aujourd’hui est représenté par une pyramide au sommet de laquelle l’avocat associé doit produire moins d’heures facturables que le collaborateur senior placé en dessous de lui, lequel doit lui-même produire moins d’heures que celui qui est en dessous, et ainsi de suite. Le tout est conçu pour produire un effet de levier. »

« Jusque récemment, l’effet de levier de ce modèle était très élevé et certains cabinets pouvaient arriver jusqu’à 1 associé pour 17 collaborateurs, ce qui était donc très rentable. Mais cet âge d’or est passé et aujourd’hui, en 2017, les ratios globaux sont en moyenne de 3. Seuls les « Big » (PwC, EY, Deloitte ou KPMG) arrivent à des effets de levier entre 6 et 9. Les raison de cette chute sont multiples mais le résultat est là, implacable : l’avocat doit revoir son modèle et donc repositionner ses activités. »

« Les clients sont devenus beaucoup plus sophistiqués et exigeants et, à part dans certains domaines particuliers, il n’est plus possible de facturer aveuglément au client l’intégralité des activités du cabinet Notamment, le client refuse désormais que lui soit facturées les prestations qui sont déléguées à des collaborateurs juniors ou des stagiaires. Il refuse en quelque sorte de financer la formation des plus jeunes avocats. En bref, c’est toute la logique d’ensemble du marché du droit qu’il faut reconsidérer. »

  • Communauté des juristes

« En France, le cloisonnement des professions juridiques est source de faiblesse sur la scène internationale comme en interne »

« Créer une grande profession du droit, en réunissant les professions de juriste d’entreprise et d’avocat semble de plus en plus évident. »

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